Des gangs de shegués (jeunes de la rue organisés en bandes criminelles) terrorisent depuis plusieurs jours le quartier Bel Air 2, dans la ville de Kolwezi, chef-lieu du Lualaba. Affrontements à l’arme blanche, pillages de maisons, effractions : le bilan fait état de plusieurs blessés, dont un agent de la Police nationale congolaise (PNC). Des familles entières ont fui vers le quartier Dilungu. Au 17 juin 2026 dans la matinée, les autorités de la ville n’ont toujours pas réagi.
Ce qui s’est passé
Le foyer de la violence est localisé dans la cellule Bel Air 2, un quartier de Kolwezi (province du Lualaba, sud-est de la RDC). Depuis plusieurs jours, des gangs rivaux de shegués s’affrontent à l’arme blanche. Les bagarres rangées ont rapidement dégénéré. Les groupes ne s’en prennent plus seulement entre eux.
Selon des sources locales, les faits documentés au 17 juin 2026 comprennent :
- Affrontements à l’arme blanche entre gangs rivaux, de jour comme de nuit
- Vandalismes : vitres brisées, portes enfoncées dans des habitations privées
- Effractions et pillages : des familles dévalisées à leur domicile
- Blessés : plusieurs personnes touchées, dont un agent de la PNC, selon des sources locales
- Déplacements : des habitants abandonnent leurs maisons pour fuir vers Dilungu
Les commerces ferment avant l’heure. Les rues se vident dès la tombée de la nuit. L’insécurité à Kolwezi paralyse le quartier entier.
Contexte : qui sont les shegués à Kolwezi ?
Le terme « shégué » désigne en RDC un enfant ou un jeune de la rue. Souvent orphelin ou issu d’une famille désintégrée, il grandit sans encadrement scolaire ni familial. À Kolwezi, ces jeunes se structurent en gangs territoriaux.
La ville minière attire chaque année des milliers de migrants venus chercher du travail dans le secteur du cobalt et du cuivre. L’afflux de population crée un déséquilibre : chômage des jeunes, inégalités criantes, quartiers périphériques sous-encadrés.
Ce terreau alimente la délinquance depuis des années. En juin 2024, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) avait documenté une dizaine de morts en deux mois (avril-mai 2024) à Kolwezi, imputés à des bandits armés et à des cas de justice populaire, selon actualite.cd du 5 juin 2024. Les quartiers Joli Site RVA, Latin, Kasulo et Golf figuraient parmi les zones les plus touchées.
En juillet 2025, la LUCHA et d’autres organisations citoyennes avaient adressé un mémorandum au ministre provincial de l’Intérieur, Philippe Kaumba, dénonçant « un silence institutionnel préoccupant » face à la recrudescence de l’insécurité, selon infos.cd du 19 juillet 2025. En janvier 2025, la gouverneure Fifi Masuka avait instauré un couvre-feu de 60 jours (23h-5h) sur l’ensemble du Lualaba pour tenter d’enrayer la vague criminelle.
Ce que ça signifie
L’impact est immédiat et double.
- Sur le plan économique : les commerces de Bel Air 2 ferment prématurément. Les rues sont désertes dès la nuit tombée. L’activité économique locale est paralysée.
- Sur le plan humain : des familles abandonnent leurs maisons. La fuite vers le quartier Dilungu constitue un déplacement interne urbain. Ce type de mouvement fragilise les ménages les plus vulnérables, déjà sous pression dans une ville à forte pression migratoire.
Au 17 juin 2026 dans la matinée, aucune réaction officielle des autorités de la ville de Kolwezi n’a été enregistrée. Ce silence crée un vide sécuritaire qui aggrave la panique dans le quartier.
Les témoignages
Les habitants de Bel Air 2 décrivent une situation devenue insoutenable.
Un habitant de Bel Air 2 témoigne :
« Les gens abandonnent leurs maisons et fuient vers le quartier Dilungu. Nous vivons dans la peur, il est difficile de savoir comment la journée va se terminer. Nous dormons avec la peur au ventre, les shegués nous attaquent jusque dans nos maisons. »
Un second habitant du quartier témoigne :
« Nous sommes en grande difficulté avec ces shegués du côté de Bel Air 2. Les affrontements sont permanents et on ignore l’origine de ces conflits. Il y a quatre jours, lors d’une nouvelle altercation, nos mamans ont carrément dû fuir. Ces jeunes se permettent de tout casser chez nous. »
Ce qu’il faut surveiller
Trois points restent à suivre dans les prochaines heures et les prochains jours.
- La réaction des autorités. La mairie de Kolwezi n’a pas communiqué au 17 juin matin. Un silence prolongé risque d’aggraver la défiance des habitants.
- L’extension à d’autres quartiers. Les épisodes précédents montrent que la violence urbaine à Kolwezi ne reste pas confinée. En 2024, elle avait touché simultanément plusieurs quartiers éloignés les uns des autres.
- Le précédent des opérations de sécurité. En janvier 2025, le gouvernement provincial avait répondu par un couvre-feu de 60 jours et des patrouilles nocturnes renforcées. Une réponse similaire – ou plus ciblée – est attendue si la situation à Bel Air 2 s’étend.
FAQ
Qu’est-ce qu’un shégué en RDC ?
Un shégué est un enfant ou un jeune de la rue en République démocratique du Congo. Souvent sans famille ni scolarisation, il vit dans l’espace public et peut s’organiser en gang. À Kolwezi, ces groupes sont liés à la pauvreté urbaine générée par l’économie minière et l’afflux migratoire non maîtrisé.
Pourquoi Kolwezi est-elle régulièrement touchée par l’insécurité ?
Kolwezi est le principal pôle minier du Lualaba (cobalt, cuivre). La ville attire des milliers de migrants chaque année. Cette pression démographique génère du chômage chez les jeunes, des quartiers sous-équipés en forces de l’ordre, et un terreau favorable à la délinquance organisée.





