Réforme constitutionnelle RDC : le député national Daniel Furaha Uma demande à Félix Tshisekedi de suspendre tout débat sur la révision de la Constitution tant que la paix n’est pas rétablie à l’Est. Dans une lettre ouverte du 29 juin 2026, cet élu de Mahagi (Ituri) et membre de l’Union sacrée pose la sécurité comme préalable, estimant qu’un tel processus serait illégitime en pleine guerre, selon Radio Okapi.
Réforme constitutionnelle RDC : que demande Daniel Furaha à Félix Tshisekedi ?
Daniel Furaha Uma demande au chef de l’État de surseoir à toute révision ou changement de la Constitution jusqu’au retour de la paix à l’Est. Dans sa lettre ouverte adressée le 29 juin 2026 à Kinshasa, ce député national membre de l’Union sacrée (la coalition au pouvoir) juge le calendrier inopportun, rapporte Radio Okapi. Le débat sur la réforme constitutionnelle en RDC agite déjà la scène politique et rejoint la question d’un possible troisième mandat, un sujet que nous avons abordé dans notre article sur la loi sur le référendum au Sénat.
Pourquoi l’insécurité à l’Est bloque-t-elle le débat constitutionnel ?
Pour ce parlementaire de l’Ituri, on ne peut pas demander à un citoyen déplacé de trancher un choix constitutionnel abstrait quand sa priorité reste de survivre. Il cite trois menaces majeures : l’agression attribuée au Rwanda via les rebelles de l’AFC/M23, les massacres du groupe armé ADF (Forces démocratiques alliées) et l’activisme des forces négatives locales et transnationales. Ces violences frappent l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, trois des 26 provinces de la RDC. Le contexte reste explosif, comme l’illustre la passe d’armes entre Corneille Nangaa (AFC/M23) et Félix Tshisekedi.
La Constitution, un « pacte de vivre-ensemble »
Daniel Furaha rappelle qu’une Constitution ne se limite pas à des articles alignés sur du papier : elle constitue un contrat social et un pacte national. Réviser ce texte en excluant de fait des millions de Congolais réfugiés dans les camps ou fuyant les combats reviendrait, selon lui, à priver une partie de la population de son droit d’expression. La Constitution en vigueur, promulguée en 2006, encadre pourtant strictement les conditions de sa révision, comme le rappelle l’Assemblée nationale de la RDC. Cet argument rejoint les inquiétudes d’une partie de la société civile de l’Est et de l’opposition, qui a d’ailleurs appelé à une marche nationale le 8 juillet.
Quelles sont les quatre conditions posées avant toute révision ?
Le député pose quatre préalables non négociables avant tout chantier constitutionnel :
- Le rétablissement définitif de la paix sur l’ensemble du territoire ;
- La restauration pleine et entière de l’autorité de l’État dans les zones occupées ;
- La préservation absolue de l’intégrité territoriale de la RDC ;
- La consolidation d’un climat national de confiance réciproque entre citoyens et institutions.
Ces conditions sont, d’après l’élu de l’Union sacrée, les seules garanties d’un processus crédible, inclusif et légitime aux yeux des générations présentes et futures.
Un débat qui dépasse le cas Furaha
La position de ce cadre de l’Union sacrée illustre les fractures internes autour de la réforme constitutionnelle en RDC. Dans la majorité comme dans l’opposition, plusieurs figures ont exprimé des réserves sur le calendrier et la méthode. Ce débat sur la réforme constitutionnelle RDC divise donc les rangs du pouvoir. En liant réforme institutionnelle et urgence sécuritaire, Daniel Furaha place le gouvernement face à un arbitrage délicat : avancer sur la Constitution ou concentrer d’abord tous les efforts sur le retour de la paix à l’Est.
FAQ : Réforme constitutionnelle et sécurité à l’Est
Qui est Daniel Furaha Uma ?
Daniel Furaha Uma est un député national de la RDC, élu de la circonscription de Mahagi en Ituri et membre de l’Union sacrée, la coalition au pouvoir autour de Félix Tshisekedi.
Que demande-t-il exactement au président Tshisekedi ?
Sur la réforme constitutionnelle RDC, il demande de suspendre tout débat tant que la paix et la sécurité ne sont pas rétablies à l’Est du pays.
Quelles sont les quatre conditions posées par le député ?
La paix définitive, la restauration de l’autorité de l’État, la préservation de l’intégrité territoriale et un climat national de confiance réciproque.
Pourquoi lie-t-il la Constitution à la situation à l’Est ?
Parce qu’il considère la Constitution comme un pacte social qui doit inclure toute la population, y compris les millions de déplacés des zones en guerre.
Quelles régions sont concernées par l’insécurité citée ?
Principalement l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, frappés par l’AFC/M23, les ADF et d’autres groupes armés.

