Les déplacements de Félix Tshisekedi illustrent un déséquilibre géographique marqué depuis son accession au pouvoir en janvier 2019. Alors que le Grand Katanga bénéficie d’une attention présidentielle régulière et soutenue, plusieurs provinces de la République démocratique du Congo semblent exclues de l’agenda institutionnel, n’existant qu’à des fins purement électorales.
Une hyper-présence stratégique dans le Sud minier
Le chef de l’État a multiplié les missions d’itinérance dans l’espace katangais, avec au moins onze visites distinctes documentées. Des pôles économiques majeurs comme Lubumbashi, Kolwezi ou Kasumbalesa ont accueilli le Président à de multiples reprises, bien au-delà des périodes de vote. Ces tournées institutionnelles ciblent systématiquement des enjeux clés :
- L’économie et les mines : Gestion des minerais stratégiques et rencontres avec les opérateurs miniers.
- Les infrastructures : Inaugurations d’ouvrages publics et relance de chantiers nationaux.
- La sécurité territoriale : Évaluations sécuritaires aux frontières sud du pays.
Des provinces reléguées au simple rang de réservoirs de voix
Le contraste est saisissant lorsqu’on analyse le traitement réservé à au moins cinq autres régions : le Kwango, le Maï-Ndombe, le Nord-Ubangi, la Mongala et la Tshuapa. Selon les archives officielles, la présence présidentielle dans ces territoires s’est limitée de façon exclusive à la campagne électorale de novembre et décembre 2023. À Gbadolite, Inongo ou Lisala, la présidence ne s’est déplacée que dans l’unique but de solliciter les suffrages nécessaires à sa réélection.
Un constat politique qui interroge l’équité territoriale
Cette fracture dans la gestion territoriale alimente aujourd’hui le débat public. Elle met en lumière une gouvernance où certaines régions ne bénéficient de la lumière institutionnelle que par stricte nécessité politique. Ce ciblage électoral, au détriment d’une présence continue et équitable de l’État sur l’ensemble du territoire national, reste la principale critique formulée envers les déplacements de Félix Tshisekedi.

